Ligue 2: Cheick Ahmed Kaloko, coach de l’ASMLK « L’AS Mineurs de Sangarédi m’a contacté, mais… »

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Il fait partie de cette nouvelle génération de jeunes entraîneurs guinéens dont le savoir-faire, la compétence et le charisme suscitent admiration et convoitise. Après avoir assuré le maintien de l’Association Sportive du Monument Libre de Kaloum (ASMLK), Cheick Ahmed Kaloko, dit Mukania, s’est confié à nous dans une interview exclusive.

Le maintien a été acquis dans la douleur pour votre première saison en Ligue 2. Quel bilan tirez-vous ?

Ce n’était pas vraiment une première pour moi en Ligue 2, car j’ai déjà entraîné plusieurs clubs de cette division, notamment le FC Séquence et le Loubha FC. Mais pour l’ASMLK, oui, c’était une première. Le club venait de gravir les échelons après avoir évolué en Nationale 1 et 2. C’était donc une découverte pour beaucoup de nos joueurs, ce qui a rendu la saison particulièrement difficile.

La majorité de nos joueurs sont issus de notre académie. Malgré tout, grâce au travail collectif, nous avons réussi à nous maintenir, non sans souffrance. La phase aller a été très compliquée : six matchs disputés, aucune victoire et aucun but marqué. En revanche, la phase retour a été beaucoup plus positive.

Au final, le bilan est satisfaisant. Nous avons assuré notre maintien et terminé à la 4ᵉ place de notre poule. Je profite de l’occasion pour féliciter tous les acteurs autour du club, sans oublier notre jeune président, plein d’énergie et de détermination. Son ambition était de nous voir monter immédiatement en Ligue 1, mais au vu du début de saison, nous avons d’abord cherché à consolider notre place en D2. L’objectif, désormais, est de viser plus haut la saison prochaine, Inch’Allah, avec les efforts conjugués de tous.

L'effectif de l'Association de Monument Libre de Kaloum (ASMLK)

Pourquoi n’avoir pas renforcé l’équipe par de nouveaux recrutements ?

La politique de l’ASMLK est un peu différente de celle d’autres clubs. Notre priorité est de former nos propres joueurs, de les encadrer professionnellement et, si possible, de leur offrir une chance à l’étranger. Nous avons donc préféré miser sur notre effectif existant, déjà bien soudé, plutôt que de recruter à l’extérieur, surtout avec nos moyens limités. Finalement, nos académiciens ont répondu présent, notamment lors de la phase retour.

Les conditions de travail étaient-elles réunies au sein du club ?

Sincèrement, oui. Nous avons la chance d’avoir un jeune président passionné, entièrement dévoué au projet. Pour la petite histoire, il a été mon ancien joueur, ce qui facilite beaucoup la communication et la compréhension mutuelle. Les primes ont toujours été versées à temps, et le climat au sein du club est très sain.

Avez-vous tiré les enseignements de la saison écoulée ?

Absolument. À la fin de la saison, nous avons organisé une réunion d’évaluation pour analyser nos performances et dégager de nouvelles perspectives. Chacun — du staff technique au secrétariat en passant par le service médical — a présenté son rapport. C’est un exercice important pour progresser.

L’aventure continue avec l’ASMLK ?

Je suis détenteur de la Licence B et, pour le moment, je reste l’entraîneur de l’ASMLK. Cela dit, je ne manque pas de sollicitations. La plus récente provient de l’Association Sportive des Mineurs de Sangarédi, qui souhaitait m’avoir comme entraîneur adjoint aux côtés de Morlaye Cissé. Mais j’ai décliné la proposition, compte tenu de mon expérience et de mes ambitions.

Mon objectif immédiat est de continuer à faire progresser le MLK. Je me prépare également à suivre le stage pour l’obtention de la Licence A, car un entraîneur sans diplôme, c’est comme un soldat sans arme.

Et vos ambitions personnelles, au-delà du MLK ?

Comme tout entraîneur guinéen, j’aimerais un jour diriger une sélection nationale, à une quelconque catégorie. Mais cela passe par la formation et les licences exigées par la CAF. À ce titre, je félicite la Féguifoot pour ses efforts en faveur des entraîneurs locaux.

Une fois la Licence A obtenue, j’aimerais tenter une expérience à l’étranger — pourquoi pas en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou en Gambie ? Pour l’heure, je reste concentré sur le MLK, avec pour objectif de ramener le club en Ligue 1, conformément à la vision de notre président, qui ne ménage aucun effort pour y parvenir.

Quel est votre modèle d’entraîneur ?

C’est le Portugais José Mourinho. Son parcours à la tête du FC Porto, notamment lors de la conquête de la Ligue des Champions, m’a profondément marqué. J’admire son intelligence tactique, son leadership et son caractère. Je m’en inspire beaucoup dans ma carrière.

Un rappel de votre parcours d’entraîneur ?

Depuis mon enfance, j’ai toujours aimé le football et rêvé de devenir professionnel. Mais le destin m’a orienté vers le coaching. Tout a commencé dans mon quartier à Sans-Fil, où j’ai créé une petite équipe baptisée FC Youla, en hommage à l’ancien international guinéen Souleymane Youla, qui m’avait offert mes premiers équipements — je lui rends hommage à travers vos colonnes.

J’ai obtenu ma Licence C en 2016, puis la Licence B en 2020, et je prépare actuellement la Licence A CAF.

Un dernier mot pour les sympathisants de l’ASMLK ?

L’ASMLK est un club ambitieux, à l’image de son président. Notre objectif est clair : faire de MLK le deuxième grand club de Kaloum, juste après l’AS Kaloum. Avec le soutien de nos fans et la détermination du groupe, nous y parviendrons.

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