Ministère des Sports : L’heure des comptes a sonné

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Le silence institutionnel a trop longtemps servi de refuge commode. Dans l’administration publique, fermer les yeux sur la gestion de son prédécesseur n’est pas une élégance républicaine, c’est une faute politique. Car l’État est une continuité, et l’inaction d’aujourd’hui peut devenir la complicité de demain.

Au Ministère des Sports, le nouveau patron des lieux, Cellou Baldé, a choisi de rompre avec cette tradition du mutisme. À peine installé, il a dressé un constat sévère de la gestion antérieure, évoquant des dérives financières massives autour de la rénovation des infrastructures sportives.

Des chiffres qui interpellent

Plus de 200 millions de dollars soit près de 2 000 milliards de francs guinéens auraient été engagés, sans que les résultats visibles ne correspondent aux montants annoncés. Des sommes vertigineuses, dans un pays où chaque investissement public devrait être synonyme d’impact concret.

Si ces chiffres se confirment, il ne s’agirait plus de simples irrégularités administratives, mais d’un véritable saignement financier. Et dans un secteur aussi stratégique que le sport vitrine nationale et outil de cohésion sociale,  l’opacité ne peut être tolérée.

L’exigence de responsabilité.

La dénonciation publique est une première étape. Mais elle ne saurait suffire. Les responsabilités doivent être clairement établies. Tous ceux qui ont participé, validé ou couvert ces opérations doivent répondre de leurs actes devant les instances compétentes.

Le courage politique ne se mesure pas aux déclarations, mais à la capacité de résister aux pressions et aux intimidations. La bonne gouvernance exige constance et fermeté.

Dans cette affaire, une seule boussole doit guider l’action : l’intérêt supérieur de la nation guinéenne. Car aucune fonction, aucun réseau, aucun individu ne peut prétendre valoir davantage que l’État.

L’heure n’est plus aux sous-entendus. Elle est aux comptes.

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