« J’ai tout connu dans l’arbitrage, mais certaines choses relèvent de la volonté divine »
Vous avez été arbitre international, mais la CAN vous a manqué ?
Je n’aime pas trop revenir sur ce sujet. Le président de la Commission des arbitres de l’époque était un grand ami, un homme que je respecte énormément. Ce qui s’est passé, c’est le métier. Dans ce milieu, certaines situations peuvent survenir à tout moment. Quand cela arrive, on s’en remet simplement à la volonté divine.
Sinon, j’ai eu la chance de tout connaître dans ma carrière. J’étais l’un des rares arbitres à ne jamais échouer à un test physique. J’avais cette compréhension du jeu, héritée de mon passé de joueur. J’apportais des idées nouvelles, je dirigeais les matchs avec ma propre lecture. Mon style d’arbitrage n’était pas celui que la FIFA prônait à l’époque, mais c’était ma personnalité. Malheureusement, cela ne plaisait pas à tout le monde.

Vous dites ne pas avoir été accepté par certains. Pourquoi ?
Parce que certains pensaient que j’inventais ma manière d’arbitrer. En plus, on m’a souvent collé l’étiquette d’un arbitre proche de certains clubs guinéens. Ce genre d’accusations, c’est le revers du métier.
Aujourd’hui, avez-vous pardonné tous ceux qui vous ont accusé à tort ?
Évidemment. Une personne incapable de pardonner ne peut pas se dire croyante. Le pardon, c’est une valeur que j’ai reçue de mes parents. Le pardon, c’est pour Dieu. J’ai tourné la page, j’ai oublié, et je veux désormais me consacrer pleinement au football guinéen au-delà même de la FIA.

On parle souvent de votre lien avec l’Olympique de Marseille. Quelle est la véritable histoire ?
Mon père, qui était arbitre FIFA, voyageait beaucoup. Un jour, il est revenu de France avec un maillot de l’OM en cadeau. Depuis, je ne portais plus que ce maillot partout, tout le temps. Même lors des soirées de fin d’année avec mes amis, quand tout le monde était en costume, moi j’étais en maillot de Marseille ! C’est de là que vient mon surnom : Zico le Marseillais. Ce sont mes amis du club Kénitra de Janvion qui me l’ont donné, et il ne m’a jamais quitté.
Vous êtes donc toujours supporter de l’OM ?
Marseillais à vie ! Mais attention… devant mon PDG, je suis parisien (rires).
Et vos enfants ? Vous les imaginez suivre vos traces dans le sport ?
Ils choisiront leur propre voie. Mon souhait, bien sûr, serait de les voir devenir médecin ou militaire, pour servir notre nation guinéenne, inch’Allah. Mais je respecterai leur choix.
Un dernier mot pour les jeunes qui rêvent de marcher sur vos pas ?
En tant que formateur et éducateur, je leur dirais d’abord d’être respectueux dans la vie. Le respect ouvre toutes les portes. Et surtout, qu’ils acceptent de s’informer et de se former, quel que soit le domaine qu’ils choisissent. La réussite passe toujours par la discipline et la connaissance.
