Surnommé Monsieur 3-5-2 ou parfois Monsieur 3-4-3, Fodé Camus Camara assume son identité tactique. Et il a de quoi : son schéma a encore fait des dégâts, cette fois face au Horoya AC, battu 3-2 lors du derby de Coleah. L’entraîneur de Foot Élite s’est confié à cœur ouvert dans un long entretien dont voici la première partie.
« Merci pour les félicitations, notre philosophie reste la même »
Coach, d’abord félicitations pour votre victoire face au Horoya AC (3-2) ! C’était encore votre fameux 3-5-2 ou un autre schéma ?
(Rires) Merci ! Oui, notre philosophie reste la même. On alterne entre le 3-5-2 et le 3-4-3, selon les situations, mais on reste fidèles à notre identité de jeu.
« Le mental a fait la différence »
Vous avez ouvert le score avant d’être rejoints à deux reprises, mais vous avez fini par vous imposer.
Quand vous démarrez la saison avec des difficultés, rien n’est simple. On avait perdu notre premier match face à l’ASFAG, puis contre le CIK malgré un bon contenu. Sur neuf points possibles, zéro pris… le doute s’installe vite. Ce derby, c’était un match décisif. On a travaillé sur le mental des joueurs, et ils ont répondu présent.
« La défaite contre le CIK nous a piqués »

La défaite face au CIK a-t-elle été une piqûre de rappel avant le derby ?
Exactement. Même si ça n’avait pas été un derby, la motivation aurait été la même. Depuis le retour de Kamsar, on ne faisait que parler, se remettre en question. Il fallait remotiver les leaders, les pousser dans leurs retranchements. Ce genre de défaite peut réveiller un groupe.
« L’objectif, c’est le Top 5 »
L’an dernier, le maintien a été acquis dans la douleur. Qu’en avez-vous retenu ?
Beaucoup d’enseignements. On a compris que la phase retour du championnat est toujours compliquée. Il faut donc bien se placer dès la première moitié de saison pour ne pas courir après les points à la fin.
Et cette année, quelles sont vos ambitions ?
Clairement, viser le Top 5. L’an dernier, c’était notre première saison en D1, avec beaucoup de jeunes. Cette fois, on veut gagner un maximum de matches. C’est facile à dire, mais on y croit. On sait que dans le football guinéen, ce n’est pas qu’une question de moyens. Sinon, certains clubs auraient déjà quinze titres. Le plus important, c’est de croire à son projet. On reste une académie avant tout, donc on forme. Cette saison, on compte cinq joueurs venus de l’extérieur, c’est un progrès. On développe aussi des partenariats avec d’autres académies. Et financièrement, on se bat chaque année pour avancer un peu plus.
« Certains de nos joueurs sont déjà sollicités »
Depuis votre montée en D1, avez-vous pu placer certains joueurs ?
Oui, quelques-uns ont été sollicités, même si tous les projets n’ont pas abouti. On a eu des contacts à Dakar, et Bandjan, l’un de nos meilleurs éléments, évolue aujourd’hui en Turquie. Cette saison, on travaille encore là-dessus, avec une réorganisation en interne. Avec la grâce de Dieu, les meilleurs seront bientôt placés, en Afrique ou en Europe.
On a eu cinq joueurs présélectionnés avec les U-20, et deux avec la sélection locale. Ce n’est qu’un début, mais on continue de pousser. On dit toujours aux jeunes : « Quand tu es bon, même ton ennemi peut devenir ton manager. »
« On leur rappelle chaque jour la valeur de leur talent »
C’est un discours que vous tenez souvent à vos joueurs ?
Tous les jours. Prenez Medby, homme du match contre le Horoya. Je lui ai dit : « Ça fait six ans que tu es là. Il est temps d’assumer ton rôle de leader. Ton talent, tout le monde le reconnaît, mais il faut qu’il profite à l’équipe et à toi-même. »
En Afrique, la carrière d’un footballeur passe vite. Donc on leur dit de profiter de chaque instant, de rester concentrés, sérieux, et de ne penser qu’à leur progression.
« Foot Élite avance calmement, mais sûrement
Lors de votre accession en Ligue 1, le président Fodé Mansare avait évoqué plusieurs projets en Europe. On n’en voit pas encore les effets…
Vous savez, Foot Élite avance à son rythme. Les annonces du président n’étaient pas du vent, mais de vrais projets, des contrats bien ficelés. Simplement, la première année, on n’a pas pu avancer comme prévu. On continue d’y travailler sereinement.
NB: La suite à venir dans la deuxième partie.